Cuirs exotiques : autruche, pécari et kangourou

Après les cuirs de poisson, nous allons aujourd’hui passer en revue d’autres cuirs provenant d’animaux exotiques : l’autruche, le pécari et le kangourou. Plutôt destinés à la maroquinerie et à la ganterie, ils n’en possèdent pas moins de grandes qualités.

Le cuir d’autruche

Originaire d’Afrique du Sud, l’autruche est un animal qui se développe très bien en élevage. Ce qui permet de dégager un gros volume de peaux ne présentant pas les défauts dus à la vie sauvage. Son cuir est l’un des plus caractéristiques, marqué par les traces de picots dans sa partie centrale. Résistant à l’éraflure et au déchirement, il est destiné à 90% aux secteurs de la chaussure et de la maroquinerie.

Canapés Duvivier - cuir autruche

En raison de son épaisse couche de graisse, la préparation de la peau pour la phase de tannage proprement dite est importante. Il faut éliminer tous les lipides pour obtenir une bonne homogénéité de la teinture. Une fois ainsi préparée, la peau est tannée, de préférence au chrome, ce qui permet d’obtenir une meilleure coloration. Pour la finition aniline, la plus courante, les peaux sont teintées dans des tambours et polies à la main.

Les techniques actuelles de tannage ont permis d’en améliorer la souplesse, le travail de façonnage en est ainsi facilité. Cependant, la forme irrégulière de la peau d’autruche reste une difficulté pour tailler de grandes pièces.

Le cuir de pécari

Le pécari est un petit mammifère qui vit dans le nord de l’Argentine, au Pérou et dans le sud des Etats-Unis. Très proche du sanglier, il ne peut vivre qu’à l’état sauvage mais il est très recherché par les populations locales pour leur alimentation et accessoirement pour son cuir, d’excellente qualité malgré les marques de la vie sauvage.

Extrêmement doux et souple, extensible, chaud et respirant à la fois en raison de sa structure poreuse, le cuir de pécari est très solide et lavable au savon de Marseille. Toutes ces qualités en font le cuir parfait pour des gants haut de gamme.

Canapés Duvivier - cuir pécari

D’un point de vue technique, le tannage du cuir de pécari s’étale sur environ deux semaines. Différentes étapes se succèdent. La peau est lavée avec un produit détergent (3 fois en 48 heures) et plongée dans un bain d’eau citronnée pendant 3 jours pour enlever les poils et la soie. Puis, c’est l’étape du tannage à l’oxyde de chrome sur une journée. La peau est, ensuite, essorée et tendue sur des cadres en bois, reprise pour en diminuer l’épaisseur, puis à nouveau étirée. Elle sèche alors à l’air libre sans machine, ni air chaud.

Le cuir de kangourou

Si le kangourou est un animal bien connu, l’utilisation de son cuir est, en revanche, plus confidentiel. Et pourtant, il possède bien des qualités mécaniques dues aux caractéristiques de son derme : l’orientation très uniforme des amas de fibres parallèlement à la surface de la peau, l’absence de glandes sudoripares et de muscles d’érection pileuse et la répartition régulière de l’élastine dans toute l’épaisseur. Le cuir de kangourou bénéficie du meilleur rapport qualité/poids de tous les cuirs. Il peut ainsi être affiné jusqu’à 0,2 et même 0,1 mm d’épaisseur.

Canapés Duvivier - cuir kangourou

Il sert, bien évidemment à la fabrication du chapeau australien, léger et protégeant de la pluie et du soleil. Mais au-delà de cette utilisation anecdotique et folklorique, il est utilisé dans des applications très exigeantes d’un point de vue technique, notamment dans le domaine du sport pour des chaussures et pour les tenues des motocyclistes. Fin et léger, il est très confortable tout en ayant une résistance à l’abrasion supérieure aux autres cuirs. Il est également apprécié en maroquinerie pour sa légèreté et sa solidité. Cependant, la difficulté à trouver des peaux suffisamment grandes et sans défauts en font un produit réservé au haut de gamme et au luxe.

Source et crédit photo : Le monde du cuir

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