Le métier de couturière surpiqueuse

Martine est couturière chez Canapés Duvivier depuis 32 ans. Ceux qui la connaissent pour l’avoir rencontré lors des démonstrations de couture organisées dans les magasins, savent qu’elle travaille et parle de son métier avec enthousiasme et passion. Pour entamer une série d’articles sur les métiers de l’entreprise et les gens qui y travaillent, elle nous explique, aujourd’hui, son métier, ses bons côtés et ses difficultés.

CANAPES DUVIVIER - surpiqure

Martine, quel est précisément ton métier ?

Maintenant, je suis couturière surpiqueuse, c’est à ce poste que l’on fait les coutures de finitions des canapés. Mais quand j’ai commencé à travailler, il y a 40 ans, j’étais simplement couturière. Je me suis rapidement spécialisée dans la couture cuir pour la maroquinerie et notamment pendant mon apprentissage dans la maison Lancel. C’est là que je me suis pris de passion pour le cuir. C’est une matière que je trouve belle et généreuse. Ensuite, chez Duvivier, j’ai commencé comme couturière, et avec l’expérience, j’ai pu progresser et devenir surpiqueuse. C’est plus difficile que la couture d’assemblage parce qu’il faut être très précise et minutieuse. Les surpiqures, c’est ce qui se voit en premier sur un canapé.

Qu’est-ce qui te plait dans ton métier ?

Chaque canapé est différent. C’est pas un travail à la chaîne. Il faut toujours s’adapter au cuir et au modèle. C’est vraiment un travail d’équipe. Il y a d’abord la découpe des pièces, puis le parage, la couture d’assemblage et enfin la surpiqure. Et même pour certains modèles, il y a des allers-retours entre couture et surpiqure sur certaines pièces.

Et puis, c’est l’étape où le canapé prend forme. On passe des pièces de cuir à plat à une housse qui prend du volume. On a l’impression de construire quelque chose. Quand le canapé est complètement fini, on se dit  » J’en ai fait une partie et c’est beau ». On en tire beaucoup de fierté et une grande satisfaction.

Et qu’est-ce qui est le plus difficile ?

Dans la surpiqure, ce qui est difficile, c’est qu’on a pas le droit à l’erreur, ça se voit tout de suite et c’est difficile à reprendre. Il faut vérifier que les pièces sont assemblées correctement pour que la surpiqure soit dans le bon sens et pour ça on doit être capable de voir la housse en 3D avant même qu’elle soit posée sur le châssis. Il faut être attentive et très précise.

Il y a aussi la difficulté à surpiquer des cuirs très épais comme le Koskoa. Il y a plusieurs épaisseurs de cuir. La housse du canapé est très lourde et difficile à manipuler.

CANAPES DUVIVIER _ SURPIQURE

Il faut combien de temps pour devenir une bonne couturière ?

C’est pas tellement une question de temps. Il faut surtout être passionnée et aimer son travail. Et là, on progresse vite. Après, l’expérience permet juste de faire des modèles plus complexes.

Est-ce que le métier a évolué depuis 30 ans ?

Le plus gros changement, c’est surtout pour les fiches techniques. Avant, on avait chacune nos cahiers dans lesquels on notait nos plans de montage et de surpiqure et les trucs auxquels il fallait faire attention. Maintenant, le Bureau d’Etudes a mis en place des fiches techniques pour qu’on ait toutes le même support de travail.

Mais nos cahiers servent encore !!! Dernièrement, on a du refaire les housses d’accoudoirs d’un vieux canapé Altaïr et c’est dans nos cahiers qu’on a retrouvé toutes les infos pour le faire correctement.

CANAPES DUVIVIER - surpiqure

Parmi les canapés Duvivier, lequel est ta « bête noire », celui que tu n’aimes pas faire ?

C’est surtout les cuirs épais qu’on aime pas trop faire parce qu’après on a très mal aux doigts à force de tirer sur le cuir pour l’écarter. Les modèles, ça va. Ils ont des lignes pures et droites. Ils sont plus facile à faire que quand j’ai commencé.

Parmi tous les canapés, lequel est ton préféré ?

C’est difficile de choisir … j’aime beaucoup l’Adonis et le Quai Conti. Mais mon préféré, je crois que c’est le Centquatre. J’aime l’aspect flou de ses coussins et l’équilibre des proportions sur les accoudoirs.

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